28 octobre 2026 À la une
l'action sociale au cœur d'un séminaire national les 3 et 4 octobre 2026
47 participants, 5 régions, 2 jours de consultation — Retour sur un rendez-vous qui a réuni les acteurs de l'action sociale autour d'une question centrale : comment les communautés peuvent-elles devenir véritablement protagonistes de leur propre progrès ?
Les 3 et 4 octobre 2026, Yaoundé a accueilli le séminaire national sur l'action sociale. L'objectif n'était pas de promouvoir un modèle unique, mais de créer un espace d'étude et de réflexion où chaque participant pouvait examiner son initiative à la lumière des directives de la Maison universelle de justice.
Les domaines représentés témoignent de la diversité des engagements : éducation, agriculture, environnement, santé, promotion de la femme, accompagnement des jeunes, traduction et diffusion de textes bahá'is en langues locales.
Les trois protagonistes du changement
La première journée, animée par M. Djoulde William, a posé le cadre conceptuel autour de trois acteurs interdépendants : l'individu, la communauté et les institutions.
Les capacités à développer ont été identifiées :
- Consulter ensemble et rechercher une compréhension commune de la réalité
- Lire la réalité de la société et discerner les besoins, forces et ressources
- Concevoir des lignes d'action adaptées aux capacités existantes
- Générer, appliquer et partager la connaissance issue de l'expérience
- Coopérer dans l'unité et apprendre systématiquement de l'action
Trois expériences qui parlent d'elles-mêmes
1. Renforcer la lecture des préjeunes (Yaoundé, 2017)
Mme Ngo Nyem Nathalie animait un groupe de préjeunes dont plusieurs membres éprouvaient de sérieuses difficultés de lecture. Elle a conçu progressivement de petits livrets d'histoires mettant en lumière des qualités précises. Les progrès observés ont attiré l'attention d'enseignants, puis d'autres jeunes. L'organisation ARCADE est née de cet effort. Face aux interrogations de parents sur un éventuel endoctrinement, l'animatrice a affiné son approche et ses documents. Aujourd'hui, des enseignants utilisent ces matériels dans leurs cours.
2. Assainir le quartier avec des seaux usagés (Yaoundé, 2022)
Le groupe de préjeunes animé par Ali Tiat a choisi de nettoyer certaines rues. Constatant que les lieux se salissaient de nouveau, les jeunes ont voulu installer des récipients à déchets. Le coût des bacs dépassant leurs moyens, ils ont récupéré des seaux usagés dans leurs propres foyers et les ont disposés à des endroits stratégiques. Une illustration concrète du cycle : lire la réalité, agir, constater les limites, consulter, ajuster.
3. Du gingembre à partir de déchets organiques
Un groupe de jeunes désireux de mener un projet de service a envisagé, après consultation, d'utiliser des déchets organiques pour cultiver du gingembre — produit rare et coûteux sur le marché. L'idée associait service, utilisation créative de ressources locales et contribution à leurs besoins éducatifs.
Le rôle des organisations d'inspiration bahá'ie
Un rappel important a été adressé aux responsables d'associations se présentant comme d'inspiration bahá'ie : l'Assemblée spirituelle nationale doit être informée de leur existence et de leur évolution. Une relation régulière, avec rapports sur les activités et la gestion financière, est recommandée pour préserver l'intégrité de l'approche.
Et maintenant ?
Le Conseiller Djouldé Alain Pierre a invité les participants à poursuivre l'étude des matériels du programme P.A.S., des livres de l'institut — notamment le livre 13 (approche bahá'ie de l'action sociale) et le livre 11 (richesse et Huququ'lláh) — et des matériels de branche.
Le représentant de l'Assemblée spirituelle nationale a encouragé les contributions aux efforts collectifs : érection du Temple d'adoration à Batouri et construction du Centre polyvalent à Yaoundé.
La prochaine étape ? Accompagner ces efforts sans les précipiter, documenter systématiquement les apprentissages et créer des espaces où ils pourront être examinés, comparés et diffusés.